Hadopi à la Bibliothèque Mériadeck

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Mardi 20 mars, la bibliothèque municipale Mériadeck organisait une table ronde autour de la question « Hadopi ».
Avant même que commence le débat, les organisateurs étaient déjà contents du nombre de participants, ce qui n'est guère étonnant me semble t-il vue la sensibilité et l'intérêt du sujet, internautes ou artistes.
Les participants n'étaient pas totalement inconnus puisqu'il s'agissait (comme annoncé sur ce site) de Samuel Thibault , entre autres trésorier d'Aquilenet, de françois Pellegrini, chercheur en informatique et vice-président de l'ABUL, et de Jean-Pierre Duprat, professeur de droit à Bdx IV (pour plus de détail sur leurs CV respectifs voir l'annonce).

C'est François Pellegrini qui a eu l'honneur d'ouvrir la discussion en retraçant l'évolution historique du monde de l'expression de la pensée et de la création littéraire pour mettre en évidence en quoi internet représentait à tout le moins une évolution par rapport aux époques antérieures, voire même une révolution: détachement de la pensée d'un support matériel, d'où apparition d'un monde économique où les biens ne sont plus rivaux (si je copie un fichier je n'ôte rien à l'original), un monde où la reproduction (une fois le travail de création de l'original est rétribué) se fait à un coût quasiment nul, système économique donc en complète rupture avec le système classique de distribution de toutes les œuvres artistiques qui nécessitait la création d'un support physique (vinyls, cassettes, CD, etc..), du transport, du stockage , bref, tout ce que nous avons connu avec le développement de l'industrie culturelle de masse.

Concernant le droit d'auteur, Pellegrini faisait remarquer l'allongement de sa durée, lequel avait commencé à être de 5 ans à partir de la création de l'œuvre, pour maintenant aboutir (suivant les législations bien entendu) à 70 ans après la mort de l'auteur avant de s'ouvrir au domaine public (l'orateur préférait l'expression « s'élever au domaine public », pas mal non plus). A ce propos, il était intéressant de constater que la dernière œuvre à s'être ouverte (élevée) au domaine public remontait à 1920 !!!!!

Bien entendu il fallait montrer pourquoi, par sa constitution même, ce nouvel outil (internet) constituait une révolution dans nos façons d'échanger, de communiquer ; ce fut Samuel qui s'en est chargé, de manière brillante et concise grâce à 3 schémas gribouillés sur une feuille de papier blanc en représentant les principes des réseaux 1- centrés, 2-décentralisés, 3-acentrés (je vous laisse réfléchir pour savoir lequel fait référence à internet). Cette architecture, qui a été voulue à l'origine par les concepteurs des premiers réseaux internet, a pour conséquence qu'il est extrêmement difficile, voire quasi-impossible de verrouiller et même de surveiller totalement le réseau, à moins d'aller à l'encontre même de sa robustesse. D'où l'aspect un peu ridicule des systèmes type Hadopi qui, pour « pêcher » quelques insouciants doivent mettre en œuvre des moyens disproportionnés par rapport aux résultats qu'ils obtiennent.

Cette difficulté se double bien évidemment des problèmes juridiques liés à la réalisation de la preuve du « délit », problèmes évoqués conjointement par Jean-Pierre Duprat et François Pellegrini. Compte tenu de l'aridité de la question du téléchargement, je m'en tiendrai à vous inviter à jeter un œil, et une oreille, à la vidéo mise en ligne de ces interventions, ce sera plus sûr que ma traduction écrite.

A noter malgré tout que ce genre de volonté affichée de réduire à zéro le téléchargement (partage de fichier je précise), implique la surveillance, le contrôle des connexions de tous, de leur contenu ; vous voyez de là les problèmes de liberté publique et individuelle que cela présente.

Bien entendu, la salle avait de nombreuses questions à poser, ou de remarques à faire auxquelles les intervenants répondu au mieux. Mais le sujet est tellement vaste, tant dans son contenu que dans ses conséquences, que la bibliothèque Municipale de Mériadeck a dû nous demander de libérer et les lieux et les intervenants, sans quoi nous y serions encore sûrement.

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